2015

Mars Curiosity

Prêt à embarquer pour la Planète Rouge ? Venez en visiter un coin ou un recoin en traversant le « portail interplanétaire Terre-Mars » que nous vous avons installé !

Certes, le rover (*) Curiosity nous a déjà adressé plus de 250 mille images des paysages autour de la grosse dizaine de kilomètres qu’il a parcouru dans le cratère Gale. Mais rien ne vaut d’y aller avec vos propres yeux, et en compagnie d’un guide grenoblois, spécialiste en géologie planétaire, qui vit, travaille et dort à l’heure martienne : Éric LEWIN.

Rassurez-vous, il parle couramment français : la Nuit des Chercheurs est donc l’occasion rêvée de lui demander s’il y a des preuves de la présence d’eau sur Mars, et si cette planète est habitable, cultivable ou encore …« viticultable » !

(*) véhicule disposant d’une certaine autonomie conçu pour explorer une planète

Curiosity

Curiosity (C) NASA

Les fibres optiques de Julien Fatome

Julien, physicien, a eu de nouvelles idées pour propager des ondes lumineuses dans des fibres optiques… Il nous en parle avant de nous montrer sa dernière expérience en cours, à la Nuit Européenne des Chercheurs, le 25 septembre à la Maison Des Sciences de l’Homme à Dijon.

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Julien Fatome, vu par Marc Monge pour la page Facebook des recherches de Julien Petal

Voyage au cœur de la réussite

Les enfants imaginent-ils la réussite comme les adultes ? Demandons leur !

Difficile de répondre ? Alors invitons les à dessiner !

Les mille et une facettes de la réussite dessinée par des enfants seront ainsi racontées lors de la 10e Nuit des Chercheurs. Elles mettent en lumière des visions multidimensionnelles du monde, plus ou moins proches de celles des adultes…

Ainsi, durant la « Nuit », les enfants seront invités à s’exprimer par un dessin en répondant à la question  « Pour vous, la réussite, c’est quoi ? ». Les parents et adultes, eux, répondront à cette même question par des mots ou un dessin.

Les chercheures de l’Institut de recherche sur l’éducation (IREDU) présenteront les objectifs de cette expérience ainsi que les résultats d’une précédente recherche sur le thème de la réussite autour des dessins réalisés par des élèves d’une école primaire de Côte-d’Or… à travers une histoire et un conte au pays de la réussite !

Alors embarquez-vous avec eux dans l’aventure, le 25 septembre !

 Christine Guégnard et Cathy Perret

dessin de joani

Clara CP     Edité par Juliette Brey-Xambeu

Interview d’Angela Sutan

angela-portraitChercheuse et professeur spécialisée en économie expérimentale, Angela Sutan est aussi responsable du LESSAC (Laboratoire d’Expérimentation en Sciences Sociales et Analyse des Comportements) à l’Ecole Supérieure de Commerce de Dijon. Originaire de Roumanie, elle nous livre ici son parcours autant passionnant que passionné, consacré aux mécanismes des comportements humains, et parle de sa nouvelle participation à la Nuit Européenne des Chercheurs.

Quel rôle allez-vous jouer lors de La Nuit Européenne des Chercheurs ? Quelle est l’originalité de cette soirée 2015 ?
Cela fait plusieurs années maintenant que je participe à La Nuit Européenne des Chercheurs, et 15 ans que je m’engage dans la vulgarisation scientifique. A chaque fois, notre équipe propose des ateliers qui permettent au public de vivre en direct une vraie expérience scientifique. Pour les expérimentalistes comme nous, La Nuit Européenne des Chercheurs offre un terrain idéal pour effectuer nos jeux et mises en situation !

La nouveauté et l’originalité de cette année, pour les 10 ans de cette manifestation, est la réalisation d’une expérience reproduite à l’identique et au même moment dans les 11 villes françaises. Ce sont les organisateurs nationaux qui ont eu l’idée de ce projet de grande envergure sur lequel nous avons candidaté. La Grande expérience est une première dans l’histoire de La Nuit Européenne des Chercheurs et dans l’histoire de l’économie expérimentale !

En quoi consiste cette soirée qui met cette année l’économie expérimentale à l’honneur ?

Au cours de la soirée du 25 septembre, nous invitons le public à participer à La Grande expérience qui a pour objet de le confronter à un dilemme et de l’amener à prendre une décision. Nous avons constaté que les individus répondent de manière plus impliquée lorsque leurs gains sont directement impactés que lorsqu’ils répondent à un questionnaire d’opinion.
C’est ce sur quoi s’appuie l’Economie expérimentale. Les mises en situation en direct sont hautement révélatrices des préférences des individus. Et dans la nuit du 25 septembre, nous déplaçons en quelques sorte, notre laboratoire sur place.

Comment et pourquoi vous êtes-vous spécialisée en Économie expérimentale ?

D’une part, j’ai toujours été passionnée par les Mathématiques dont l’Economie expérimentale fait partie, comme son nom ne l’indique pas ! D’autre part, je me suis intéressée à la psychologie et aux comportements humains. J’ai donc naturellement cherché à combiner les deux disciplines. J’ai quitté la Roumanie, dont je suis originaire, pour obtenir un master en économie et finance internationale. Puis j’ai choisi de préparer une thèse sur les anticipations croisées, processus et interaction incontournables de toute décision humaine : « j’anticipe ce que je fais, tu anticipes ce que j’anticipe, etc. ». Ces types de raisonnement existent dans toute prise de décision, et nous intéressent particulièrement en tant qu’économistes. Nous étudions les mécanismes de la prise de décision et travaillons sur la modélisation de la décision humaine. Pour cela, nous inventons en laboratoire des jeux qui reconstituent des situations réelles et simplifiées. Nous étudions les réponses des joueurs volontaires et les comparons aux réponses théoriques définies grâce à des équations mathématiques ou modèles.

Et je continue d’étudier les croyances des individus, leur raisonnement et les stratégies qu’ils élaborent pour gagner.

Qu’en est-il des perspectives de l’Économie expérimentale, des espoirs, des attentes pour accompagner notre monde en perpétuelle mutation ?

Bien que fondée dans les années 1950, l’Economie expérimentale a rencontré certaines difficultés à venir jusqu’en France. C’est aujourd’hui chose faite. En termes d’espoirs et d’attentes, elle permet de proposer des systèmes d’aide à la décision dans tous les domaines. A la différence de l’Economie traditionnelle, elle considère que l’individu n’est pas rationnel et qu’il fait des erreurs. Elle a donc pour rôle d’étudier les erreurs, non pas pour les prévenir mais pour les prendre en compte, les comprendre, les contourner. Nous, expérimentalistes, cherchons comment identifier les erreurs et les utiliser pour conduire les individus dans une meilleure direction. C’est ce que nous appelons les « coups de pouce ». Il a été constaté par exemple qu’un individu qui reçoit, sur sa facture d’électricité, sa propre consommation et celle de son voisin, va réagir en conséquence et de fait, réduire sa prochaine consommation. La comparaison aux autres est un des processus possibles pour améliorer les comportements futurs.

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Un rêve en marche

Même si tout est parti d’expériences menées sur un rat paraplégique, c’est bien l’humain qui est au cœur des préoccupations de Jean-Baptiste Mignardot.

Ce chercheur, spécialiste des propriétés neuromusculaires et biomécaniques impliquées dans le contrôle de la posture et de la marche, a commencé ses études en sciences du sport à l’Université de Bourgogne. Etudiant, encore peu convaincu par le cursus qu’il avait choisi, Jean-Baptiste Mignardot s’est retrouvé par hasard dans un amphi à écouter la thèse de Grégoire Courtine (l’homme qui a fait remarcher les rats). Un déclic ! Il entend également l’émission de vulgarisation « Le Microscope et la blouse » de Radio Dijon Campus, et les mots qu’il entend finissent de le convaincre : le STAPS peut mener à la recherche… et aider les gens. « J’ai découvert le plaisir des études, ce n’était plus une contrainte » confie le scientifique.

Jean-Baptiste Mignardot et

Jean-Baptiste Mignardot et Camille Le Goff dans leur salle d’expérience (issu de l’épisode 4 du webdocumentaire « Rewalk » retraçant l’aventure de ces chercheurs)

 

A force de travail, Jean-Baptiste Mignardot a rejoint l’équipe de Grégoire Courtine. Aujourd’hui il utilise la stimulation électrique comme outil pour réveiller des muscles et des influx nerveux. Plus qu’une aventure scientifique, il vit une expérience humaine au quotidien. L’objectif ? Améliorer la qualité de vie des personnes en fauteuil roulant ou leur permettre de remarcher. Rêve ou réalité, à vous de lui demander !

Jean-Baptiste Mignardot est chercheur à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL, Suisse), au sein de l’unité du Professeur Grégoire Courtine,

 

Nadège HUBERT

Les paroles s’envolent… les tweets restent

Que deviennent les mots qu’on envoie sur la twittosphère ? Les messages ont-ils une vie après le web ? 

Laurent Gautier, enseignant-chercheur en linguistique, a longtemps hésité entre les langues et l’histoire, mais ses bonnes notes en allemand au bac lui ont permis de trancher. En parallèle de l’enseignement, il exploite et analyse les mots et les discours.

Dans une région viticole, il s’est logiquement intéressé au langage du monde du vin, ce qui le conduit aujourd’hui à travailler avec des professionnels du secteur en France et en Europe : « Je me penche sur l’adéquation entre ce que les gens ressentent quand ils se représentent ou dégustent du vin et les mots qu’ils utilisent pour le traduire. On retrouve un vocabulaire propre à chacun. »

Laurent Gauthier

Mais cet expert des lexiques ne s’est pas limité à l’univers du vin : il s’est intéressé à de nouvelles pratiques autour du langage. Accompagné d’une équipe de chercheurs de l’ADN (Archives – Documentation – Numérisation), le linguiste a décortiqué les mots que les hommes politiques n’ont cessés de tweeter pendant les élections européennes. Et après les élus, au tour des tweets du grand public d’être passé au crible ! En s’emparant de ces données, Laurent Gautier constitue le Big Data, à découvrir pendant la 10e Nuit Européenne des Chercheurs. Il possède en effet les clés de langage pour analyser les tweets de nos hommes politiques… et expliquer comment faire le buzz en quelques mots !

Un expérience interactive vous révèlera le 25 septembre les secrets des tweets

 Faites l’expérience du buzz pendant la Nuit des Chercheurs : tous à vos tweets !     

#NuitChercheurs

                                                                                                         Nadège Hubert